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L’Observatoire de Lille - 1934/1962

dimanche 26 août 2012

« Le ciel et l’environnement lillois n’ayant pas empêché Robert Jonckheere de découvrir des étoiles doubles, l’installation d’un observatoire professionnel à Lille est tout à fait pertinent ».

Ainsi s’exprime M. Joseph Kampé de Fériet, doyen de l’Université, en 1928, dans son rapport sur l’étude de la fondation de l’Observatoire de Lille. L’Observatoire de Lille est prévu principalement pour l’astronomie mais assure, comme à Hem, une activité pluridisciplinaire :


  • Service de l’heure
  • Service de météorologie en lien avec l’Institut de physique et le réseau de navigation aérienne
  • Service de sismologie en lien avec l’Institut de Géologie, l’industrie houillère du Nord Pas de Calais et l’Institut de Physique du Globe de Strasbourg
  • Enseignement de l’astronomie pour les étudiants de l’Université de Lille
  • Organisation de travaux pratiques à l’aide de la grande lunette
  • Recherche en astronomie et en physique de l’atmosphère



Cet établissement universitaire fait partie de l’Institut de Mathématiques Appliquées. Il est construit dans un style qui ressemble à s’y méprendre à celui de Hem. Après plus d’un an et demi de travaux, le 8 décembre 1934 a lieu l’inauguration, en présence du Recteur Albert Chatelet, de l’Assemblée de la Faculté et des représentants de l’État.


Il faut signaler que ce projet de reconstruction a été soutenu par Gabriel Delmotte, ingénieur E.C.P. , membre de l’Association Astronomique du Nord et Député jusqu’en 1932. Par ses relations politiques, il est intervenu auprès du Parlement Français et a obtenu un appui sans réserve de Jacques Cavalier, Directeur de l’Enseignement Supérieur.


Charles Gallissot (1882 - ??), professeur de Mathématiques Appliquées et d’Astronomie, est le premier directeur de l’Observatoire de Lille. En premier lieu, il supervise l’installation de l’observatoire. Il entreprend ensuite des études et des observations sur les étoiles doubles, les planètes, la surface du Soleil et l’optique atmosphérique. Il assure aussi les cours pour les étudiants désireux d’obtenir leur certificat d’astronomie.



Cependant la seconde guerre mondiale va interrompre toute cette activité scientifique. L’observatoire est occupé par l’armée allemande.


Durant l’occupation, on maintient péniblement le service de l’heure afin de permettre une exploitation des enregistrements du sismographe. La grande lunette est démontée et mise à l’abri. C’est heureux car en 1943, lors de bombardements alliés, la coupole est lourdement endommagée et en 1944, les commandes du sismographe sont détruites.
C’est grâce aux membres de l’Association Astronomique du Nord et en particulier de M. Dhalluin, qu’un minimum d’activités a pu se maintenir à l’observatoire. Après la fin des hostilités, l’Observatoire de Lille reprend petit à petit une activité normale. Le sismographe n’est de nouveau opérationnel qu’en 1948.


En 1950, Charles Gallissot est nommé professeur honoraire et part pour Grenoble.


Vladimir Kourganoff (1912 - 2006) (tout à gauche sur la photo) prend la suite de M. Gallissot en 1952. C’est un astrophysicien d’origine russe, spécialiste de physique solaire et de spectrophotométrie. Il a la volonté de restaurer l’observatoire et d’en optimiser le fonctionnement. Aidé de Jean Rousseau, chef de travaux à l’observatoire et au laboratoire de physique, il fait construire un laboratoire photographique. En 1953, la grande lunette est remise en station et son entraînement horaire est enfin électrifié.



Le nouveau directeur assure la notoriété de l’observatoire à tous les niveaux par différentes publications :
auprès du public, il écrit des articles d’astronomie dans la presse locale (Voix du Nord, Nord Eclair, Liberté …) lors d’événements comme les éclipses ou les occultations. Il publie notamment « Le premier homme dans l’espace » dans la Voix du Nord en 1960.
dans le milieu de la recherche, il devient le rédacteur des « Astronomical News Letters », Publication internationale dont 37 exemplaires seront édités à Lille. On peut y lire des traductions de travaux de ses collègues russes, à l’époque où l’URSS, en pleine Guerre Froide, n’était pas favorable à de telles diffusions. Il publie aussi « Les contributions du Laboratoire d’Astronomie de Lille ».


Dans les archives de l’Observatoire de Lille, on retrouve encore aujourd’hui de nombreux ouvrages et des dizaines de publications provenant des Pays de l’Est et datant de cette époque.


En 1957, l’observatoire est de nouveau pleinement opérationnel. Il a acquis une renommée locale et internationale. Environ 30 étudiants suivent les cours d’astronomie et d’astrophysique. 4 personnes travaillent en permanence à l’observatoire.


En 1962, Vladimir Kourganoff quitte Lille pour intégrer l’Institut d’Astrophysique de Paris. Avec son départ, le service sismographique s’arrète.