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L’Observatoire de Lille depuis 1962

samedi 9 février 2013

Pierre Bacchus (1923-2007), diplômé de l’Ecole Normale Supérieure, est à la fois physicien, mathématicien et astronome. En 1962, il prend la direction de l’observatoire après avoir occupé un poste à l’Observatoire de Strasbourg.


L’entretien du bâtiment se poursuit et en 1968, les plaques de fer recouvrant la coupole sont remplacées par des plaques en résine, moins lourdes et plus étanches. Cependant, l’arrivée de moyens plus modernes à l’aéroport de Lesquin provoque l’arrêt de la station météorologique.


Avec la construction du périphérique de Lille en 1970, le sismographe est définitivement arrêté car le passage des gros véhicules perturbe les enregistrements. L’Observatoire de Lille se recentre donc sur l’astronomie. Une quarantaine d’étudiants suivent des cours à l’observatoire. En plus de l’astronomie, Pierre Bacchus enseigne l’analyse numérique et donne les premiers cours de logique de programmation à l’Université de Lille.



Pierre Bacchus oriente les recherches menées au Laboratoire d’Astronomie de Lille vers l’astrométrie et la mécanique céleste, c’est à dire l’étude de la position et du mouvement des corps célestes. Dans ce domaine, M. Bacchus poursuit avec succès l’ouverture de l’observatoire au niveau national et international.


Avec l’aide de Pierre Lacroute directeur de l’Observatoire de Strasbourg, Pierre Bacchus, travaille à la conception d’instruments embarqués dans un satellite pour mesurer très précisément la position des étoiles. Ceci donnera naissance au projet de satellite HIPPARCOS validé en 1980 par l’Agence Spatiale Européenne. Le lancement du satellite est réalisé en 1989. Les positions de 120000 étoiles seront mesurées avec une très grande précision constituant ainsi une référence essentielle pour l’astronomie moderne.



Pierre Bacchus a transmis, par sa personnalité et sa pédagogie très claire, le goût des calculs astronomiques à ses étudiants. L’un d’entre eux, Luc Duriez, assure la responsabilité de l’Observatoire de 1986 à 1989.

_ Irène Stellmacher prend ensuite la direction jusqu’en 2003. Astronome au « Service de Calcul » du « Bureau des Longitudes », elle œuvre avec succès au rapprochement administratif de l’Observatoire de Lille avec ce service.


3 enseignants-chercheurs travaillent à l’observatoire et poursuivent des recherches en mécanique céleste et plus particulièrement sur les satellites des planètes du Système solaire comme Jupiter et Saturne. L’objectif de ces études est de mieux modéliser les orbites de ces satellites afin d’en déduire des informations physiques sur ces corps célestes et sur leur structure interne.


De nombreux étudiants en thèse viennent se former à Lille sur ce sujet. Ils sont encadrés par Mme Stellmacher mais aussi par Luc Duriez et Alain Vienne, maîtres de conférence à l’Université de Lille I.


En juin 2004, l’Association Jonckheere est créée avec pour missions principales la valorisation du patrimoine scientifique de l’observatoire et de son histoire, l’encadrement de visites publiques, l’entretien et l’optimisation de la grande lunette. Elle met aussi en place un programme de mesures d’étoiles doubles comprenant essentiellement celles découvertes par Robert Jonckheere afin de suivre leur évolution depuis leur découverte.



Après le départ à la retraite de Mme Stellmacher, Alain Vienne reprend la direction de l’observatoire en 2007. Professeur à l’Université de Lille I et ancien directeur adjoint de l’IMCCE (Institut de Mécanique Céleste et de Calculs des Ephémérides), Alain Vienne est entouré de 4 jeunes chercheurs.


L’Observatoire de Lille est aujourd’hui appelé le Laboratoire d’Astronomie de Lille (LAL). C’est un laboratoire de mécanique céleste et de planétologie dynamique. A partir de l’analyse d’observations, les astronomes lillois modélisent le mouvement des objets astronomiques en utilisant des théories analytiques et le calcul numérique.


Des enseignements d’astrophysique générale, d’astrométrie et de dynamique du Système solaire sont donnés en licence de mathématique, physique/Chimie et Sciences de la Vie et de la Terre, et aussi en master de mathématique et de Physique/Chimie.


Dans le cadre de ces cours, la lunette est utilisée pour réaliser des travaux pratiques pour les étudiants.


Ainsi, en un peu plus de 70 ans, l’Observatoire de Lille, né d’une volonté locale, a su malgré les aléas traverser les âges et devenir un établissement de recherche de pointe reconnu mondialement.


En novembre 2009, l’Association Jonckheere, Le Laboratoire d’Astronomie de Lille et l’Université Lille1 fêtaient les 100 ans de la "Lunette Jonckheere" en présence d’une partie des membres de l’IMCCE, de Jean-Claude Thorel et de Mme Georgelin (fille de Robert Jonckheere).